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Le génotypage permet-il d’améliorer les problèmes de boiteries ?


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Les boiteries représentent l’un des principaux troubles de santé en élevage laitier, juste après les mammites et les problèmes de reproduction.
Elles entraînent :

  • Une baisse de production laitière (jusqu’à -2 L/jour selon la gravité),
  • Des retards de reproduction,
  • Des coûts vétérinaires et de réforme précoces,
  • Et une dégradation du bien-être animal.

Pourtant, la prévention reste complexe car les causes sont multifactorielles : alimentation, logement, hygiène, parage, mais aussi prédisposition génétique.

Le génotypage consiste à analyser l’ADN d’un animal pour identifier les gènes associés à des caractères d’intérêt : production, reproduction, santé… et aujourd’hui, résistance aux boiteries.

Grâce aux bases de données génétiques nationales et internationales, il est désormais possible de lier certaines régions du génome à des troubles locomoteurs fréquents, notamment :

  • La dermatite digitée,
  • La fourbure,
  • Les abcès de sole,
  • Ou encore la forme et la solidité des membres.

👉 Le génotypage ne “soigne” pas les boiteries, mais il permet de repérer les animaux génétiquement plus robustes et d’orienter la sélection dans le bon sens.

Les progrès de la sélection génomique ont permis d’intégrer la santé des pieds et membres dans plusieurs index :

  • Index Pieds-Membres (PM) : évalue la qualité des aplombs et l’angle du pied.
    ➜ Des aplombs corrects limitent les contraintes articulaires et donc les boiteries.
  • Index Santé des membres ou Locomotion (dans certains schémas) : combine des données de morphologie et de fréquence de boiterie observée.
  • Index Robustesse / Santé Globale : intègre la résistance aux maladies métaboliques et locomotrices.

💡 À noter : les caractères morphologiques (aplombs, jarrets, angle de pied) ont une héritabilité modérée à élevée (25 à 35 %).
Cela signifie que la sélection peut réellement faire progresser ces critères sur quelques générations.

Le génotypage ne corrige pas les boiteries actuelles, mais il constitue un investissement durable pour :

  1. Identifier les femelles à conserver dans le troupeau,
  2. Sélectionner les taureaux les plus équilibrés sur la morphologie et la santé,
  3. Réduire la fréquence des interventions de parage et de soins,
  4. Améliorer la longévité fonctionnelle des vaches.

En quelques générations, une sélection raisonnée permet de réduire la sensibilité génétique aux boiteries et d’obtenir des animaux plus résistants et plus faciles à gérer.